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COP 21 : L’édito de Maud Fontenoy pour Plateforme

Les climato-sceptiques ont beau alimenter la rumeur inverse, le consensus au sein de la communauté scientifique internationale existe bel et bien : entre la dernière période glaciaire il y a vingt mille ans et notre période interglaciaire actuelle, la variation moyenne de température est de cinq à six degrés seulement. Une variation de deux à cinq degrés est donc, même si certains veulent encore se cantonner au doute, non négligeable !

Le bouleversement climatique est lent, insidieux, inadapté à notre habitude du court terme. Vous connaissez l’histoire de la grenouille ? Si on la plonge dans l’eau brûlante, elle va aussitôt bondir. Si, au contraire, vous la mettez dans de l’eau froide et laissez l’eau chauffer tout doucement, elle ne réagira pas ! Alors que faire ? La conclusion est souvent la même : Il faut changer ! Changer de comportement, de gouvernance mondiale, de mode de vie, de politiques, de principes, voir changer aussi de voiture, changer de nourriture, changer de désir, etc… Et puis quoi encore ? Changer, mais pourquoi ? Comment ? Autant traverser un océan à la rame ! C’est dire !

Le changement ne se décrète pas. Les opportunités qu’il nous offre, aussi alléchantes qu’elles puissent paraitre, ne semblent pas suffisantes pour amener les populations à réagir. C’est ainsi qu’il me parait urgemment nécessaire, et au risque de choquer, de nous tourner… vers nos enfants ! C’est injuste ? Oui, probablement.

Eduquer notre jeunesse, permettre l’accès tant à la formation qu’à l’information me semble essentiel pour créer les conditions du changement, de la transformation des comportements citoyens, de la prise de conscience collective et du passage, enfin, à l’action. Favoriser l’éducation pour tous, c’est élever des citoyens pragmatiques qui auront « dans leur gène » l’ADN dont auront besoin, demain, nos sociétés pour subsister. Nos efforts collectifs doivent donc se concentrer sur eux. C’est l’éducation qui permettra un contrôle de la démographie, une consommation plus raisonnée, une meilleure gestion des déchets, le respect des écosystèmes, une agriculture efficace et surtout mieux adaptée aux besoins grandissants de l’humanité, une utilisation plus économe des ressources naturelles, la capacité d’acquérir de nouvelles technologies, les moyens de lutter contre les maladies, la capacité de se battre contre les dictatures, de refuser la violence ou l’oppression. L’éducation est la clé du changement. Ce que nous avons à faire est faisable. Le défi à relever est passionnant. Des merveilles nous attendent, le futur est par essence « manœuvrable ». Il faut refuser le fatalisme, espérer : osez !

Maud Fontenoy, navigatrice, Présidente de la Maud Fontenoy Fondation